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Le saviez-vous ? Couleurs des maisons alsaciennes : la vérité derrière la légende

Les couleurs vives des façades alsaciennes suscitent admiration et interrogations. Mais la vérité ne se cache pas toujours là où on l’imagine. Face aux nombreuses légendes qui circulent, il est intéressant de revenir sur l’histoire réelle de cette pratique.

L’ouvrage de Denis Steinmetz, professeur d’Arts Plastiques publié en 2004 aux Presses Universitaires de Strasbourg, apporte un éclairage historique précieux. Ses recherches révèlent une évolution progressive des pratiques. Les peintures anciennes des XVe et XVIe siècles montrent des maisons modestes aux colombages apparents, tandis que les façades urbaines étaient généralement crépies dans des tons ocre. À la Renaissance, les colombages pouvaient être rehaussés de peinture, dans des teintes naturelles liées aux matériaux. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, on préfère cacher les colombages pour simuler la pierre avec des crépis uni en ocre, gris ou blanc.

Maison Pfister à Colmar – Musées Unterlinden

L’utilisation d’une palette étendue de couleurs est en réalité apparue plus tardivement, à la fin du XIXe siècle, rendue possible par le développement industriel et la chimie moderne qui ont permis de produire des pigments variés à des prix accessibles.

Concernant les explications souvent évoquées sur les couleurs liées aux métiers ou aux croyances, les recherches historiques n’ont pas permis à ce jour de les confirmer par des sources documentaires. Ces récits, bien que populaires, semblent relever davantage d’une évolution sociétale récente et d’une volonté des autorités pour la promotion du tourisme, que de faits établis.

Cette évolution des façades alsaciennes témoigne finalement d’une histoire vivante, en constante transformation. La prochaine fois que vous croiserez une peinture ancienne d’Alsace, prêtez attention à la couleur des bâtiments.

Cette photo est en… couleur ! Notez le bleu de la plaque de rue. Elle a été prise dans les années 1920 – Collection Albert Kahn

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